A la recherche de mon VTT idéal – Episode 3 – Essai du Kona Honzo

By Fred. / octobre, 28, 2013 / 1 comments

J’en suis là : je roule depuis quelques mois sur un VTT 29 pouces tout rigide, monté à l’économie, et je prends plus de plaisir dessus que je n’en prenais sur mon All Mountain 26 pouces que, pourtant, j’adore.

Pour autant, tout n’est pas tout rose, et si mon Inbred offre un rapport « efficacité au roulage/prix » formidable, je me rends compte qu’une fourche télescopique me manque parfois (pour assurer les freinages, principalement) et qu’une géométrie un peu plus joueuse serait la bienvenue.

Alors pour en avoir le cœur net, j’ai profité que mon ami Denis préparait sa TransBiking 09 avec son Stumpjumper SFR 26″ pour lui emprunter son magnifique endurigide 29″ : un montage à la carte plutôt haut de gamme sur un cadre Kona Honzo.

Il s’agit donc d’un cadre en acier en taille S, équipé d’une transmission mono-plateau Shimano XT 10v (32dts et K7 11-36) avec antiD DM3 Mono KRB1-light, de freins XT Trail (160 AR et 205 AV), d’une fourche Fox 34 Talas 110-140mm, et de pneus Schwalbe Nobby Nic 2,25 montés en notube sur des roues Mavic Crossmax 29. Fonctionnel, beau, léger et fiable!

Du point de vue de la géométrie, il correspond bien à ce que je cherchais : des bases courtes, et un angle de direction du même ordre de grandeur que sur mon Motolite. Le cadre est a priori un peu petit pour moi, mais à part une sortie de tige de selle visuellement perturbante, je n’éprouverai pas de problèmes particuliers. Et je retrouve sensiblement la même position que sur le Cove Handjob de mon fils, au programme similaire (un vélo ludique, capable de faire des kilomètres mais plutôt destiné à jouer avec le terrain).

En statique et avant même d’avoir démarré, je suis très surpris par le poids du vélo: qu’est-ce qu’il est lourd !
Bien qu’équipé de composants au dessus de tous soupçons, ce bucheron canadien pèse 1,5kg de plus que mon pourtant très basique rouleur anglais et flirt avec les 13kg! Ce n’est pas plus important que ça, mais ça me surprend vraiment, d’autant que les cadres sont supposés être comparables de ce point de vue.
La fourche suspendue est bien sûr en partie responsable, mais elle n’explique pas tout et j’ignore encore aujourd’hui d’où peut bien provenir une différence de poids aussi grande.

C’est parti ! Dès les premiers mètres, je constate la rigidité incroyable du triangle arrière (l’axe de la roue est pourtant un simple 10×135 QR – qu’est-ce que ça doit être avec l’axe 12×142 des modèles 2013 et 2014)!
Probablement une conséquence des pattes coulissantes et du dimensionnement généreux des bases et haubans, supposés encaisser des appuis musclés, cette rigidité inspire une totale confiance dans la solidité du cadre, et celui qui prend plaisir à s’envoyer en l’air n’hésitera pas à emmener ce vélo sur des petits aménagements de freeride (j’ai préféré envoyer Denis, pour la démonstration !)

En contrepartie, elle ne contribue pas au confort du vélo dans une pratique roulante à vitesse élevée. Plus la vitesse augmente, plus le terrain devient difficile, et plus je subis le vélo et dois lever mes fesses de la selle. Incomparablement plus qu’avec mon Inbred, pourtant dépourvu d’une fourche télescopique !

Mais c’est justement à ce moment que ce petit Honzo révèle sa vraie personnalité et s’anime ! Et tout passe pour peu que je me mette à bien bouger sur le vélo, à charger la fourche et à brusquer l’arrière. Les bases courtes permettent alors de resserrer les virages, presque comme un 26″ !

Tout en gardant le bénéfice des grandes roues.
D’abord cette facilité dans les franchissements, qui repousse très loin l’OTB.
Ensuite, cette motricité incroyable qui donne confiance en soi, même quand une succession de racines mouillées barrent un passage en montée !
Et enfin cette impression qu’une fois qu’elles sont lancées, rien ne peut plus les arrêter ! A tel point que le relatif surpoids du vélo n’est finalement pas aussi pénalisant que je le craignais, et que des sorties de plus de 50km se terminent pour moi dans un état de fraicheur étonnant. J’ai la confirmation que, quel que soit le programme du vélo, je me sens bien avec ces grandes roues.

J’ai aussi la confirmation que, si la géométrie de ce Honzo corrige parfaitement les défauts de mon Inbred, sa construction (en tous points conforme au programme du vélo) ne le rend pas le plus adapté à ma pratique. En effet, sans être rédhibitoire, le surpoids m’est totalement inutile puisque je n’ai que faire de la solidité qu’il amène. Plus gênant, la rigidité extrême du cadre impose de brusquer le vélo pour ne pas le subir, ce qui peut finir par être usant sur des sorties très cassantes.

J’ai donc la certitude que ce Kona, malgré ses indéniables qualités, n’est pas mon VTT idéal même s’il s’en approche par de nombreux aspects. Et je sais maintenant vers où me tourner pour avoir satisfaction. Je devrais confirmer cette analyse dans les jours qui viennent avec l’essai d’un nouveau vélo, avant de prendre une décision sur le changement – ou non – de l’Inbred.

La suite ici.

PS: je remercie Denis du fond du cœur pour le prêt de son vélo, et pour sa participation durant tout un dimanche après midi à la réalisation des photos en action qui illustrent cet article.

One Response to A la recherche de mon VTT idéal – Episode 3 – Essai du Kona Honzo